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Leila Hussein a été assassinée


3 juin 2008

« Leila était réveillée la nuit par de terribles cauchemars, elle rêvait qu’elle était étranglée comme l’avait été sa fille. Elle avait été menacée tant de fois ce qui expliquait ses angoisses. Son indignation suite à la mort de Rand était ce qui la faisait tenir. Son histoire s’arrête ici. Mais Leila était une héroïne. Une femme assez forte pour dire non aux mauvais comportements des hommes irakiens. » Myriam.

Le 17 mai 2008, Leila Hussein, 41 ans, a été assassinée alors qu’elle s’apprêtait à quitter l’Irak pour la Jordanie. Cela faisait des semaines que Leila vivait sous la menace d’être tuée, passant d’un foyer sécurisé à un autre. Alors qu’elle allait rencontrer la personne qui allait lui permettre de quitter l’Irak où elle était menacée, on a tiré cinq balles sur elle, dont trois l’ont mortellement touchée.

Leila Hussein avait décidé, le 16 mars, de quitter Ali Abdel-Qader, son mari âgé de 46 ans, qui, deux semaines avant avait assassiné leur fille Rand Abdel-Qader. Rand, âgé de 17 ans, était étudiante en anglais à l’université de Bassorah. Travaillant bénévolement pour les familles déplacées, elle s’est liée d’amitié puis est tombée amoureuse de Paul, soldat britannique de 22 ans. Ali Abdel-Qader assassina sa jeune fille, et, bien qu’il ait avoué le meurtre, il n’a pas toujours pas été condamné ni été inculpé. Des policiers l’auraient même félicité pour le meurtre.

En avril, Leila avait dit « Aucun homme n’accepte d’être quitté par sa femme en Irak. Mais je préfère être tuée que de continuer à dormir dans le même lit que celui qui a été capable de faire ce qu’il a fait à sa propre fille ».

Leila a été soutenue par une petite organisation qui lutte à Bassorah contre les meurtres d’honneur et pour les droits des femmes. Dès qu’elle a quitté son mari, Leila a reçu des menaces la traitant de « prostituée » et disant qu’elle « mérite de mourir comme sa fille ».

Le jour où elle a été assassinée, Leila était chez Myriam, une militante pour le droit des femmes. Elles ont été rejointes par d’autres militantes qui devaient conduire Leila vers un contact qui lui aurait permis de quitter Bassorah pour Amman où elle aurait été recueillie par une famille irakienne.

Selon Myriam, « Leila était inquiète, mais aussi si heureuse de pouvoir quitter l’Irak. Depuis la mort de sa fille, sa propre vie était en danger. Et c’était une grande chance pour elle de quitter l’Irak et de lutter pour les droits des femmes irakiennes ».

Selon la police, l’assassinat de Leila était une attaque sectaire et que son mari n’aurait rien à voir dans le crime. Cependant, Myriam explique que c’est en direction de Leila, et pas des militantes pour le droit des femmes, qu’ont été dirigé les coups de feu.

Depuis le meurtre, Myriam a reçu un message de menace « Mort aux traîtres de l’Islam qui ne méritent pas le pardon divin. Parle moins, tu vivras plus longtemps ». Depuis février 2006, une militante de l’organisation a été violée et assassinée et le seul homme qui y militait a été tué il y a cinq mois.