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Pour quelques milliers de pauvres en plus.


11 avril 2012

Mardi 3 juillet sur France Inter, Madame Pécresse, (ministre du budget, des comptes publiques et de réforme de l’Etat), a démontré qu’elle était une porte parole du gouvernement hors paire en affirmant que « la pauvreté n’avait pas DU TOUT augmenté en cinq ans... ». La pauvreté, à défaut d’avoir diminué comme nous l’avait promis Sarkozy avec le « zéro SDF dans les rues », aurait donc stagnée le temps de ce quinquennat qui s’achève. Il n’y aurait donc ni plus ni moins de pauvres en France aujourd’hui qu’il y a cinq ans. C’est un joli bilan que tire l’UMP de son mandat ! Mais le problème est que Mme Pécresse a quelques difficultés à voir la réalité en face.

Serions-nous en effet devenus à ce point invisible ? A-t-elle conscience de ce qu’est en réalité la pauvreté ? Ce n’est pas certain.
Car le bilan que nous, travailleurs pauvres, précaires, retraités… appartenant à la classe ouvrière pouvons tirer de ce quinquennat, est que nous sommes encore plus pauvres qu’il y a cinq ans et que d’autres rejoignent nos rangs tous les jours. Nous avons perdu pratiquement tous nos acquis sociaux et nos revenus n’ont pas suivi le cout de la vie. Même les poubelles sont devenues infréquentables. Et pour imposer ces répressions sociales, les représentants au pouvoir n’ont pas trouver mieux que de renforcer tout un arsenal législatif qui nous demande encore de mettre la main à la poche ou qui frise parfois le ridicule.

C’est vrai que nous ne sommes seulement 2,7 millions de « demandeurs d’emploi sans activité »* et ça ne se remarque pas. En incluant les « demandeurs d’emploi à activité réduite » et les DOM (on se demande bien pourquoi ils sont comptabilisés à part sinon pour faire baisser les chiffres), on atteint 4,53 millions de demandeurs d’emplois, un record depuis 1999. Sans compter les demandeurs d’emploi radiés, les bénéficiaires du RSA qui pourtant sont remarquables puisqu’ils profitent allègrement des aides sociales. Sans compter également les travailleurs pauvres en contrats précaires renouvelés à la chaine et qui se relaient pour faire tourner les boites…

Mais pour Valérie Pécresse, la pauvreté n’a pas augmentée ces dernières années. Rien n’a changé. Il n’y a personne qui se plaint, personne dans les rues. Le vide total des revendications sociales.
Mais la mémoire lui revient lorsqu’il s’agit d’accuser la pauvreté d’être responsable du creusement de la dette de 500 milliards d’euros depuis 2007 à cause des dépenses sociales, en oubliant de nouveau les cadeaux fiscaux aux grandes entreprises et la baisse de la TVA, …etc. Imputer l’accroissement de la dette aux seuls démunis est plus qu’une faute de pédagogie, c’est une façon de travestir la réalité et de ne pas assumer sa politique.

Mais elle nous a quand même avoué sur la fin de l’interview, « qu’il n’y aurait eu QUE quelques milliers de pauvres supplémentaires » finalement en cinq ans. C’est vrai, pourquoi nous inquiéter, nous suivons tout simplement le cours de la vie, nous augmentons aussi.
Et nous savons pertinemment que les discours politiciens n’engagent que ceux qui y croient.

* En décembre 2011, des chiffres officiels du ministère du Travail.