Azar Majedi

Présidente de l’Organisation pour la libération des femmes (Iran). Fondatrice de la Fondation Mansoor Hekmat. Une des leaders du Parti de l’unité communiste-ouvrière.


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Arrêtons les inepties : c’est une histoire de fric !

Dans son sermon du 19 juin, Khamenei, le guide suprême de la république islamique, a accusé l’Occident, en particulier la Grande-Bretagne, de se mêler des affaires intérieures de l’Iran. Le sermon n’était pas encore terminé que certains spécialistes de l’Iran auprès des médias internationaux ont commencé à analyser cette « relation particulière », faisant référence aux relations historiques, c’est-à-dire aux intrigues britanniques en Iran. Certains suggérèrent que si les USA étaient jusqu’alors le grand Satan, seule la Grande-Bretagne est aujourd’hui blâmée depuis que la république islamique ne veut pas gâcher ses chances auprès d’Obama.

Les vantardises de Khamenei n’étaient rien d’autre qu’une rhétorique de diversion. La république islamique ne s’en est pas tenue là : l’équipe de l’ambassade britannique à Téhéran a été arrêtée. Un fois de plus, le régime a mis en œuvre sa tactique infâme pour se donner l’image de force anti-impérialiste dans la région. Le régime islamique est bien connu pour ses méthodes de gangster en la matière. A plusieurs reprises, ça l’a sauvée face à la naïve gauche « anti-impérialiste » en Iran. Occuper l’ambassade américaine, prendre ses employés en otages a jadis servi à renforcer idéologiquement le régime et à désarmer la grande masse de la gauche « anti-impérialiste », au moment-même où la gauche était en train de se renforcer parmi les travailleurs, les étudiants, ou encore au Kurdistan et devenait une véritable menace pour le nouvel état [en 1979-81, Ndt].

Arrêter l’équipe de l’ambassade britannique était supposé avoir le même effet. C’était également censé montrer aux gens que le régime islamique était encore en capacité de lutter contre les puissances impérialistes, pour récréer l’image de son « glorieux passé » et raviver la peur au sein de la population. Les dirigeants de ce régime brutal ne manquent pas de ressources politiques. Régulièrement, ils sont parvenus à mettre en place des « trucs » tactiques qui l’ont sauvé des situations les plus difficiles. Cette fois pourtant, rien ne semble y faire. Le régime islamique est arrivé à un point où toutes ses tactiques se retournent contre lui.

Cependant, le régime islamique n’a pas fait son grand show. Cette fois-ci, ils n’ont arrêté que les ressortissants iraniens parmi les employés de l’ambassade. L’arrestation, l’emprisonnement, la torture et l’exécution des prisonniers ne sont généralement pas d’un bien grand coût pour le régime. Un otage occidental sème la discorde, des millions d’otages iraniens peuvent être oubliés. C’est ce qui c’est passé jusqu’ici, et pourquoi est-ce que ce serait différent cette fois-ci ?

La question est : pourquoi la Grande-Bretagne ? Pourquoi est-ce qu’on lui a fait l’honneur d’un « relation spéciale ». Les grandes déclarations de la république islamique selon lesquelles l’Angleterre a provoqué les manifestations en Iran sont infondées. Cela n’a rien à voir avec la réalité. En fait, parmi les médias occidentaux les plus influents, la BBC est l’un de ceux qui a eu la couverture la plus conservatrice des événements en Iran.

Tout ça n’a rien à voir avec l’histoire, non plus. Voilà juste un prétentieux non-sens. La raison de l’action cavalière de la république islamique, c’est l’argent. Récemment, le gouvernement britannique, sous la pression, a gelé environ 976 110 000 £ (un milliard et cent trente huit millions d’euros) sur des comptes iraniens. Le gouvernement britannique n’a donné aucune information sur ces comptes. Les informations qui ont circulé dans l’opposition iranienne disent que ces comptes appartiennent à Mojtaba Khamenei, le fils de l’Ayatollah Khamenei et héritier potentiel du « guide suprême ». Après des semaines de rumeurs dans l’opposition et sur le web, la BBC et la section en farsi d’une radio allemande ont confirmé l’information. Voilà, purement et simplement, la raison de la colère du « guide suprême » contre la Grande-Bretagne.

Céder devant la tactique de voyou du régime islamique, ce serait la réponse la plus erronée de la part de la communauté internationale. Apaiser le régime est une erreur : il faut le stopper, une fois pour toute. Défendre les employés arrêtés doit, sans aucun doute, être au programme, de même qu’il faut défendre toutes celles et tous ceux qui ont été arrêtés et torturés ces dernières semaines. Tous les gouvernements occidentaux, y compris la Suisse, doivent faire de même et geler les avoirs financiers des officiels du régime et de leurs familles. Cet argent appartient au peuple d’Iran. Ils ont pillé la richesse produite par la population, par l’exploitation la plus brutale, le détournement et la corruption. C’est une revendication légitime de la population iranienne.

Une autre action à mener est de mettre la pression pour qu’ils coupent tous liens avec l’état iranien. Les gens ont montré, par leurs actions courageuses, que le régime ne les représentait pas, et qu’il ne devait pas être considéré comme tel par la communauté internationale. Fermer les ambassades de la république islamique doit être placé au en première ligne du programme immédiat.

Last but not least, la population iranienne veut la justice. Au fond de leurs cœurs, ils ne veulent rien plus que de voir jugés les meurtriers. Ceux qui ont aidé le régime à se renforcer par la répression la plus violente sur l’opposition depuis trente ans doivent être jugés pour leurs crimes contre l’humanité. Les dirigeants de la république islamique sont des tueurs en série. S’il y avait de la justice dans ce monde, des millions de personne pourraient témoigner des horreurs et des crimes que le régime leur a infligés. S’il y a de la justice dans ce monde, ces criminels doivent être enfermés.

Voilà les trois revendications pour lesquelles la population iranienne a besoin de la solidarité internationale. Comme être humains conscients, comme individus qui aiment la liberté, nous nous le devons à nous même et à toute l’humanité, de rendre matérielles ces revendications. Le mouvement de solidarité internationale doit mettre la pression sur les gouvernements dans le monde entier pour les faire plier devant les revendications du peuple iranien. Nous devons construire des comités de solidarité internationale avec la lutte du peuple d’Iran pour la liberté, l’égalité, la justice et la prospérité.

Comme première action, merci de signer la pétition : http://www.petitiononline.com/mk072...

12 juillet 2009


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